Qu'est-ce que le Veganuary ? Le défi du janvier végétalien expliqué

Le Veganuary est un défi lancé en 2014 par une association britannique du même nom : il invite à suivre une alimentation entièrement végétale pendant les 31 jours de janvier. Les participants renoncent à la viande, au poisson, aux produits laitiers, aux œufs et au miel. Les motivations les plus citées sont l'environnement, le bien-être animal et la curiosité culinaire.
- Veganuary est à la fois le nom d'une association britannique à but non lucratif et celui du défi qu'elle organise chaque mois de janvier depuis 2014.
- Le principe est simple : un mois sans aucun produit d'origine animale dans l'assiette, sur inscription gratuite.
- Le véganisme, tel que le définit la Vegan Society, dépasse l'alimentation et vise à exclure autant que possible l'exploitation animale.
- Un régime végétalien demande de soigner ses apports en protéines et impose une supplémentation en vitamine B12.
- Certains vins ne sont pas végétaliens, car leur clarification peut faire appel à des produits d'origine animale.
Sommaire
D'où vient le Veganuary ?
Le mot Veganuary est la contraction de vegan et de January, « janvier » en anglais. Il désigne d'abord une association à but non lucratif fondée au Royaume-Uni en 2014, puis le défi qu'elle organise chaque année : suivre une alimentation végétalienne pendant les 31 jours du mois de janvier.
Le choix du mois n'est pas un hasard. Janvier est traditionnellement le temps des bonnes résolutions, juste après les excès des fêtes. L'association mise sur ce moment de remise à plat pour proposer une expérience limitée dans le temps, donc plus facile à tenter qu'un changement définitif. L'inscription se fait en ligne et donne accès à des menus, des recettes et des conseils envoyés tout au long du mois.
D'abord britannique, le mouvement s'est ensuite étendu à de nombreux pays, dont la France. Chaque édition attire des centaines de milliers d'inscrits selon l'association, et une partie croissante des enseignes de la grande distribution et de la restauration profite de janvier pour mettre en avant leurs produits végétaux.
Végétarien, végétalien, vegan : quelles différences ?
Ces termes sont souvent confondus. Le tableau ci-dessous résume ce que chacun exclut.
| Régime ou mode de vie | Viande et poisson | Œufs et produits laitiers | Miel | Au-delà de l'assiette |
|---|---|---|---|---|
| Végétarien | Exclus | Autorisés | Autorisé | Pas d'exigence particulière |
| Végétalien | Exclus | Exclus | Exclu | Pas d'exigence particulière |
| Vegan (véganisme) | Exclus | Exclus | Exclu | Cuir, laine, cosmétiques testés sur les animaux, etc. évités |
La Vegan Society, association britannique fondée en 1944 et à l'origine du mot vegan, définit le véganisme comme une philosophie et un mode de vie qui cherchent à exclure, dans la mesure du possible et du réalisable, toutes les formes d'exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour l'alimentation, l'habillement ou tout autre usage. Par extension, il encourage le développement d'alternatives sans produits animaux.
Le Veganuary porte avant tout sur l'alimentation, donc sur le régime végétalien. Pendant un mois, les participants ne mangent que des aliments d'origine végétale : légumes, fruits, céréales, légumineuses, oléagineux, graines. Les plus rigoureux vont plus loin et choisissent aussi des cosmétiques végétaliens, évitent le cuir ou vérifient que les boissons qu'ils achètent sont certifiées vegan.
Voici une vidéo en anglais consacrée à l'événement :
Pourquoi faire le Veganuary ?
Les raisons invoquées par les participants sont de trois ordres.
L'environnement. L'élevage pèse lourd dans les émissions de gaz à effet de serre, l'usage des terres et la consommation d'eau du système alimentaire. Des travaux de l'université d'Oxford publiés en 2018 dans la revue Science, qui comparaient l'impact de très nombreux produits alimentaires, ont conclu que réduire la part des produits animaux dans l'alimentation était l'un des leviers individuels les plus efficaces pour diminuer son empreinte environnementale. Sans aller jusqu'au véganisme, diminuer sa consommation de viande va déjà dans ce sens.
Le bien-être animal. Pour beaucoup, le défi est une façon de mettre ses actes en accord avec ses convictions sur la souffrance animale, en particulier dans l'élevage intensif.
La découverte culinaire. Un mois sans produits animaux oblige à cuisiner autrement : on redécouvre les lentilles, les pois chiches, le tofu, les légumes oubliés, les épices. Beaucoup de participants retiennent surtout de l'expérience de nouvelles recettes qu'ils conservent ensuite, même s'ils reprennent une alimentation omnivore.
Côté santé, une alimentation végétale variée, riche en fruits, légumes, céréales complètes et légumineuses, rejoint une partie des recommandations nutritionnelles générales. Mais elle doit être construite avec soin : un régime végétalien mal équilibré expose à des carences, et il ne convient pas forcément à tout le monde sans accompagnement (enfants, femmes enceintes, personnes suivies pour une pathologie). En cas de doute, l'avis d'un médecin ou d'un diététicien s'impose.
Comment réussir son mois végétalien ?
Voici une méthode simple pour aborder le défi sereinement.
- Préparer ses menus à l'avance. Planifier la semaine évite de se retrouver sans idée au moment du repas. Les recettes envoyées par l'association ou les livres de cuisine végétale sont un bon point de départ.
- Cuisiner soi-même. Les plats préparés du commerce contiennent souvent du lait, du beurre, des œufs ou des dérivés de viande. Cuisiner à partir de produits bruts permet de savoir exactement ce que l'on mange.
- Remplacer les protéines animales. Viande, poisson, œufs et laitages apportent une grande partie des protéines d'un régime classique. Il faut les remplacer par des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), du soja et ses dérivés (tofu, tempeh), des céréales et des oléagineux. Associer céréales et légumineuses sur la journée améliore la qualité des protéines.
- Penser à la vitamine B12. Elle n'est pas apportée de façon fiable par les végétaux : une supplémentation est nécessaire dès qu'on supprime tous les produits animaux, même pour quelques semaines.
- Lire les étiquettes. Gélatine, lactose, caséine, blanc d'œuf, miel ou colorant carmin se cachent dans de nombreux produits transformés.
- Faire ses courses sans se ruiner. Les produits végétaux de base (légumineuses sèches, céréales, légumes de saison) sont souvent bon marché. Les substituts transformés (saucisses, burgers, fromages végétaux) sont pratiques mais plus chers et pas indispensables. En janvier, de nombreuses enseignes proposent des offres sur leurs gammes végétales.
Le défi est aussi l'occasion de réfléchir à sa façon de consommer plus largement : privilégier des produits locaux et de saison, limiter le gaspillage, ou s'intéresser aux aliments qui peuvent aider face à l'insécurité alimentaire.
Le vin est-il compatible avec le Veganuary ?
La question surprend souvent : le vin est fait de raisin, il semble donc végétal par nature. Pourtant, tous les vins ne sont pas végétaliens. La raison tient au collage, une étape de clarification qui consiste à ajouter au vin une substance qui entraîne les particules en suspension vers le fond de la cuve, avant d'être éliminée.
Traditionnellement, plusieurs agents de collage sont d'origine animale : le blanc d'œuf (albumine), très utilisé pour les grands vins rouges, la caséine issue du lait, la gélatine ou la colle de poisson. Ils ne restent pas dans le vin fini, ou seulement à l'état de traces, mais leur usage suffit à rendre le vin non végétalien aux yeux des vegans.
Il existe des alternatives : la bentonite (une argile), les protéines végétales de pois ou de pomme de terre, ou tout simplement l'absence de collage. De plus en plus de domaines, notamment en viticulture biologique, revendiquent des vins non collés ou collés avec des produits végétaux. Comme la mention n'est pas obligatoire sur l'étiquette, le plus sûr est de chercher un logo de certification vegan ou d'interroger directement le producteur ou le caviste. Ceux qui préfèrent faire une pause complète peuvent aussi se tourner vers les vins sans alcool, dont l'offre s'est beaucoup élargie.
Et après janvier ?
Le Veganuary n'impose rien au-delà du mois. Certains participants deviennent végétaliens, d'autres adoptent une alimentation flexitarienne où la viande devient occasionnelle, d'autres encore reprennent leurs habitudes en gardant quelques recettes. C'est précisément l'intérêt du format : un essai concret, limité dans le temps, qui permet à chacun de juger par lui-même de ce qu'il souhaite conserver.
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. Cet article est informatif : Pays d'Armagnac ne vend pas d'alcool.
Questions fréquentes
Le Veganuary est-il payant ?
Non. L'inscription au défi sur le site de l'association Veganuary est gratuite. Elle donne accès à des recettes, des menus et des conseils envoyés par courriel pendant tout le mois de janvier. Rien n'oblige d'ailleurs à s'inscrire : chacun peut suivre le défi de son côté, seul ou en famille.
Peut-on faire le Veganuary à un autre moment de l'année ?
Rien n'empêche de tester un mois végétalien à une autre période. Le défi est toutefois organisé en janvier, et c'est à ce moment que l'on trouve le plus de ressources, de recettes partagées et d'offres dans les commerces autour de l'alimentation végétale.
Faut-il prendre des compléments pendant un mois végétalien ?
La vitamine B12 est le point de vigilance principal : elle n'est pas apportée de manière fiable par une alimentation 100 % végétale et une supplémentation est recommandée. Pour les enfants, les femmes enceintes ou les personnes suivies médicalement, mieux vaut demander conseil à un médecin ou à un diététicien.
Pourquoi un vin peut-il ne pas être vegan ?
Parce que sa clarification, appelée collage, peut faire appel à des produits d'origine animale comme le blanc d'œuf, la caséine ou la gélatine. Les vins non collés, ou collés avec de la bentonite ou des protéines végétales, conviennent aux vegans. Un logo de certification ou le producteur permettent de le vérifier.
Sources et pour aller plus loin
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