Boissons rafraîchissantes : les engagements de l'industrie en Europe

L'industrie européenne des boissons rafraîchissantes, représentée par l'association UNESDA, a pris des engagements volontaires : réduire la teneur moyenne en sucres ajoutés de ses boissons, multiplier les petits formats, améliorer l'étiquetage nutritionnel et augmenter la part de plastique recyclé dans ses bouteilles. Ces engagements s'inscrivent dans la stratégie européenne « De la ferme à la fourchette » mais restent déclaratifs.
- Le secteur annonçait une baisse supplémentaire de 10 % de la teneur moyenne en sucres ajoutés entre 2019 et 2025.
- Les leviers sont la reformulation, les édulcorants, les boissons sans sucre et les petits formats.
- Ces engagements rejoignent le code de conduite européen sur les pratiques commerciales responsables lancé en juillet 2021.
- La directive européenne sur les plastiques à usage unique impose une part minimale de plastique recyclé dans les bouteilles.
- Ces objectifs sont fixés par l'industrie elle-même ; leur évaluation indépendante reste nécessaire.
Sommaire
De quoi parle-t-on ?
Les boissons rafraîchissantes sans alcool regroupent les sodas, les boissons aux fruits, les thés glacés, les eaux aromatisées et les boissons énergisantes. En Europe, les fabricants sont représentés par une association professionnelle, UNESDA, qui porte des engagements collectifs au nom du secteur.
Ces engagements répondent à une pression croissante : les autorités de santé désignent les boissons sucrées comme une source importante de sucres ajoutés dans l'alimentation, et plusieurs pays, dont la France, ont instauré une taxe sur les boissons sucrées. Dans le même temps, les emballages plastiques sont au cœur des politiques environnementales européennes.
Le secteur affirme soutenir la stratégie « De la ferme à la fourchette » (Farm to Fork), présentée par la Commission européenne en 2020 pour rendre le système alimentaire plus durable et favoriser une alimentation plus saine. Il s'agit ici d'une démarche d'industriels : les chiffres qui suivent sont ceux qu'ils ont eux-mêmes communiqués.
Comment l'industrie compte-t-elle réduire le sucre ?
L'engagement le plus visible porte sur les sucres ajoutés. Le secteur s'est engagé à réduire la teneur moyenne en sucres ajoutés de ses boissons de 10 % supplémentaires entre 2019 et 2025, dans l'Union européenne et au Royaume-Uni. Selon ses propres chiffres, une réduction de 26 % aurait déjà été obtenue entre 2000 et 2019, ce qui porterait la baisse cumulée à environ un tiers depuis 2000.
Pour y parvenir, les fabricants utilisent plusieurs leviers :
- Reformuler les recettes existantes pour qu'elles contiennent moins de sucre.
- Remplacer une partie du sucre par des édulcorants peu ou pas caloriques.
- Développer des gammes sans sucre ou allégées.
- Promouvoir ces versions dans la communication et dans les rayons.
- Proposer des formats plus petits pour faciliter le contrôle des portions.
Il faut souligner qu'une baisse de la teneur moyenne peut résulter autant d'un changement de la répartition des ventes (plus de boissons « zéro ») que d'une reformulation des produits phares. Par ailleurs, le recours aux édulcorants fait lui-même l'objet de débats scientifiques et de recommandations de prudence de la part des autorités sanitaires.
Qu'est-ce que le code de conduite européen de 2021 ?
En juillet 2021, la Commission européenne a lancé un code de conduite sur les pratiques commerciales et de marketing responsables dans le secteur alimentaire. Ce texte, auquel les entreprises et associations adhèrent volontairement, s'inscrit dans la stratégie « De la ferme à la fourchette ». Il invite les signataires à améliorer la composition nutritionnelle des produits, à encadrer le marketing, notamment auprès des enfants, et à réduire l'impact environnemental de la production et des emballages.
Les engagements de l'industrie des boissons rafraîchissantes font partie des contributions présentées dans ce cadre. Leur caractère volontaire est à la fois leur force (rapidité, adhésion du secteur) et leur faiblesse : aucune sanction n'est prévue si les objectifs ne sont pas atteints.
Pourquoi miser sur les petits formats ?
Le secteur met en avant une offre élargie d'emballages de moins de 300 ml : canettes plus fines, petites bouteilles en PET, formats « mini ». L'idée est de permettre aux consommateurs de mieux maîtriser leur consommation de sucres ajoutés en boisson.
Cette stratégie a des limites. Un petit format coûte souvent plus cher au litre et génère davantage d'emballage par millilitre de boisson. Son efficacité dépend aussi du comportement des consommateurs, qui peuvent acheter plusieurs unités.
Comment les consommateurs sont-ils informés ?
Les fabricants s'engagent à fournir une information claire sur la teneur en sucre et en calories. Le secteur applique un étiquetage nutritionnel sur la face avant des emballages, indiquant les valeurs énergétiques par portion ou pour 100 ml. D'autres outils, comme les applications mobiles ou les sites des marques, donnent des informations sur les ingrédients, les allergènes et l'origine.
En France, le Nutri-Score, logo nutritionnel facultatif porté par Santé publique France, classe les produits de A à E. Son algorithme a été révisé pour les boissons afin de mieux distinguer les boissons sucrées et édulcorées de l'eau. Il n'existe pas encore d'étiquetage nutritionnel harmonisé et obligatoire sur la face avant des emballages au niveau européen.
Quels engagements sur le recyclage des emballages ?
Le recyclage est l'autre grand chantier. Le secteur dit financer la collecte des bouteilles en PET qu'il met sur le marché et demande aux décideurs européens un accès prioritaire au PET recyclé issu de ces bouteilles, afin de fabriquer de nouvelles bouteilles en « boucle fermée ». Nous avons abordé ce débat dans l'article sur l'accès des PME au PET recyclé.
L'industrie s'était fixé deux objectifs pour 2025 : des emballages 100 % réutilisables, recyclables ou compostables, et une teneur moyenne de 50 % de matière recyclée dans ses bouteilles en plastique.
Ces engagements volontaires s'ajoutent aux obligations légales. La directive européenne sur les plastiques à usage unique impose :
| Obligation | Échéance |
|---|---|
| Au moins 25 % de plastique recyclé dans les bouteilles en PET | 2025 |
| Au moins 30 % de plastique recyclé dans toutes les bouteilles en plastique | 2030 |
| Collecte séparée de 77 % des bouteilles en plastique | 2025 |
| Collecte séparée de 90 % des bouteilles en plastique | 2029 |
| Bouchons attachés aux bouteilles | Juillet 2024 |
La question du réemploi, plus exigeante que le recyclage, divise le secteur et les pouvoirs publics, comme le montre la demande de l'industrie de revoir les objectifs de réutilisation.
Quel bilan tirer ?
Ces engagements traduisent une évolution réelle de l'offre : les versions sans sucre occupent une place croissante dans les rayons. Mais ils sont fixés et mesurés par l'industrie elle-même, et les échéances de 2025 appellent désormais un bilan vérifié. Pour les consommateurs, les recommandations des autorités de santé restent simples : privilégier l'eau et limiter les boissons sucrées. Ceux qui cherchent des alternatives aux boissons alcoolisées trouveront aussi des pistes dans notre article sur le vin sans alcool.
Questions fréquentes
Qui représente l'industrie des boissons rafraîchissantes en Europe ?
Les fabricants de boissons rafraîchissantes sans alcool sont regroupés au sein d'une association professionnelle européenne, UNESDA, qui réunit des entreprises et des associations nationales. Elle porte les engagements collectifs du secteur, par exemple sur la réduction des sucres ajoutés et le recyclage des bouteilles.
De combien le sucre des sodas a-t-il baissé ?
Selon les chiffres communiqués par l'industrie, la teneur moyenne en sucres ajoutés aurait baissé de 26 % entre 2000 et 2019, avec un objectif de 10 % supplémentaires d'ici 2025. Ces données, qui portent sur une moyenne des ventes, sont fournies par le secteur lui-même et méritent une vérification indépendante.
Les boissons édulcorées sont-elles une bonne alternative ?
Elles apportent moins de calories, mais les autorités sanitaires restent prudentes sur une consommation régulière d'édulcorants et recommandent de ne pas s'habituer au goût sucré. L'eau reste la boisson de référence. En France, le Nutri-Score a été révisé pour distinguer plus nettement l'eau des boissons édulcorées.
Quelles règles l'Europe impose-t-elle aux bouteilles en plastique ?
La directive sur les plastiques à usage unique fixe au moins 25 % de plastique recyclé dans les bouteilles en PET en 2025 et 30 % dans toutes les bouteilles en plastique en 2030, ainsi qu'une collecte séparée de 90 % des bouteilles en 2029. Depuis juillet 2024, les bouchons doivent rester attachés.
Sources et pour aller plus loin
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