Magazine indépendant sur l'Armagnac, les vins et la Gascogne
Pays d'ArmagnacArmagnac · vins · Gascogne
Gastronomie

Lyon, capitale de la gastronomie : histoire, mères et spécialités

Par la rédaction de Pays d'ArmagnacPublié le Mis à jour le 4 min de lecture
Lyon, capitale de la gastronomie : histoire, mères et spécialités
Réponse courte

Lyon doit son titre de capitale de la gastronomie à trois atouts : sa position au confluent du Rhône et de la Saône, entourée de terroirs riches (Bresse, Charolais, Dombes, monts du Lyonnais), la tradition des mères lyonnaises, cuisinières qui ont formé des générations de chefs, et l'influence de Paul Bocuse. Le surnom est attribué au critique Curnonsky, dans les années 1930.

À retenir
  • Lyon puise dans des terroirs voisins très variés : volailles de Bresse, bœuf charolais, poissons des Dombes, charcuterie des monts du Lyonnais.
  • Les mères lyonnaises, dont Eugénie Brazier et la mère Fillioux, ont fondé une cuisine bourgeoise simple et précise.
  • Paul Bocuse a créé le concours du Bocuse d'Or en 1987 et a donné son nom aux Halles de Lyon.
  • Le bouchon est le restaurant typique lyonnais, avec sa cuisine de charcuteries et d'abats.
  • Les vins du Beaujolais et des Côtes du Rhône accompagnent naturellement la cuisine lyonnaise.
Sommaire
  1. Pourquoi Lyon est-elle appelée capitale de la gastronomie ?
  2. Une ville au carrefour des terroirs
  3. Qui étaient les mères lyonnaises ?
  4. Quel rôle a joué Paul Bocuse ?
  5. Qu'est-ce qu'un bouchon lyonnais ?
  6. Quelles spécialités goûter à Lyon ?
  7. Comment découvrir la gastronomie lyonnaise ?

Pourquoi Lyon est-elle appelée capitale de la gastronomie ?

Lyon fait rêver les amateurs de bonne cuisine, au même titre que d'autres régions de tradition comme la Gascogne et son patrimoine gastronomique. Réputée pour ses bouchons, ses pralines roses et ses chefs, la troisième ville de France est souvent présentée comme la capitale mondiale de la gastronomie. L'expression est attribuée au critique culinaire Curnonsky, qui l'a popularisée dans les années 1930.

Ce statut ne tient pas du hasard. Il repose sur une géographie favorable, une lignée de cuisinières et de chefs, et une culture du bien-manger partagée par toute la ville.

Une ville au carrefour des terroirs

Située au confluent du Rhône et de la Saône, Lyon a longtemps été une porte d'entrée entre le nord et le sud de l'Europe. Cette position lui donne accès à une grande diversité de produits :

Origine Produits
Nord (Bresse, Charolais) Volaille de Bresse, bœuf charolais, crème, beurre
Sud (vallée du Rhône) Légumes frais, vins, huile d'olive
Ouest (monts du Lyonnais) Porc, base des charcuteries lyonnaises
Est (Dombes) Carpe, brochet, écrevisses, grenouilles
Proche (Dauphiné) Fromages comme le saint-marcellin

La cuisine lyonnaise combine ces ingrédients dans des recettes généreuses. Les vins voisins complètent l'ensemble : les crus du Beaujolais au nord, présentés dans notre article sur les terroirs du Beaujolais, et les grands vins du Rhône au sud.

Qui étaient les mères lyonnaises ?

Lyon doit une grande part de son rayonnement aux mères lyonnaises. Ces cuisinières, souvent passées par les maisons bourgeoises, ont ouvert leurs propres restaurants et y ont développé une cuisine simple, fondée sur des produits de qualité et une technique irréprochable. Leur âge d'or se situe dans la première moitié du XXe siècle.

Parmi elles, la mère Fillioux s'est rendue célèbre pour sa volaille demi-deuil, poularde de Bresse truffée sous la peau. Eugénie Brazier, dite la mère Brazier, a été la première cuisinière à obtenir trois étoiles au guide Michelin pour deux établissements à la fois, dans les années 1930. Paul Bocuse a fait une partie de son apprentissage chez elle.

L'héritage des mères se retrouve dans des plats devenus des classiques : la quenelle de brochet sauce Nantua, le poulet au vinaigre ou la volaille à la crème.

Quel rôle a joué Paul Bocuse ?

Paul Bocuse, surnommé le « pape de la gastronomie », a porté la cuisine lyonnaise sur la scène internationale. Son restaurant, l'Auberge du Pont de Collonges, à Collonges-au-Mont-d'Or, au nord de Lyon, est l'une des tables les plus célèbres au monde.

Il a créé en 1987 le Bocuse d'Or, concours international de cuisine qui se tient à Lyon et oppose des candidats venus du monde entier. Les Halles de Lyon portent son nom depuis 2006 : ce marché couvert rassemble fromagers, charcutiers, écaillers et volaillers. Autour de lui, de nombreux chefs lyonnais ont contribué à moderniser la cuisine de la ville sans renier ses racines.

Qu'est-ce qu'un bouchon lyonnais ?

Le bouchon est le restaurant typique de Lyon. On y mange dans une ambiance conviviale, souvent sur des nappes à carreaux, une cuisine de tradition centrée sur la charcuterie, les abats et les plats mijotés, accompagnée d'un pot de vin local. L'association « Les Bouchons lyonnais » attribue un label aux établissements qui respectent cette tradition.

Au menu d'un bouchon, on trouve notamment :

  • le tablier de sapeur, panse de bœuf marinée, panée puis frite ;
  • l'andouillette, souvent servie à la moutarde ;
  • le saucisson chaud ou brioché, cuit dans une pâte à brioche ;
  • la cervelle de canut, qui n'a rien d'une cervelle : c'est un fromage blanc aux herbes, à l'échalote et à l'ail.

Quelles spécialités goûter à Lyon ?

Au-delà des bouchons, la ville offre une palette de spécialités à découvrir au marché, chez les artisans ou au restaurant :

  1. La salade lyonnaise : salade frisée, lardons, croûtons et œuf poché.
  2. La rosette : saucisson sec de porc, emblème de la charcuterie lyonnaise.
  3. La quenelle : de brochet ou de volaille, gratinée ou en sauce.
  4. Le saint-marcellin : petit fromage à pâte molle et croûte fleurie, originaire du Dauphiné voisin.
  5. La tarte aux pralines : garnie de pralines roses, amandes enrobées de sucre cuit coloré.
  6. Les bugnes : beignets de pâte frite, traditionnellement préparés à l'époque du carnaval.

Comment découvrir la gastronomie lyonnaise ?

Plusieurs lieux permettent d'aborder la cuisine de Lyon en une journée. Les Halles Paul-Bocuse, dans le quartier de la Part-Dieu, offrent un panorama des meilleurs produits régionaux. Le Vieux-Lyon et la presqu'île concentrent de nombreux bouchons. Le marché du quai Saint-Antoine, au bord de la Saône, permet de rencontrer les producteurs.

Enfin, les vignobles tout proches prolongent la découverte : le Beaujolais, à une heure au nord, avec son Beaujolais nouveau, et les coteaux du Rhône au sud. Pour les horaires des marchés et des visites, l'office de tourisme de la ville reste la référence.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. Cet article est informatif : Pays d'Armagnac ne vend pas d'alcool.

Questions fréquentes

Pourquoi dit-on que Lyon est la capitale de la gastronomie ?

Le surnom est attribué au critique Curnonsky, dans les années 1930. Il s'explique par la richesse des terroirs qui entourent la ville, la tradition des mères lyonnaises, qui ont formé des générations de chefs, et l'influence internationale de Paul Bocuse.

Qu'est-ce qu'une mère lyonnaise ?

Une mère lyonnaise est une cuisinière ayant ouvert son propre restaurant à Lyon, le plus souvent au XIXe ou au début du XXe siècle. Ces femmes, comme Eugénie Brazier ou la mère Fillioux, ont défini une cuisine bourgeoise simple, fondée sur des produits d'exception.

Qu'est-ce que la cervelle de canut ?

Malgré son nom, la cervelle de canut ne contient pas de cervelle. C'est un fromage blanc battu, assaisonné d'herbes, d'échalote, d'ail, d'huile et de vinaigre. Son nom fait référence aux canuts, les ouvriers de la soie de la Croix-Rousse.

Quels vins boire avec la cuisine lyonnaise ?

La cuisine lyonnaise s'accorde traditionnellement avec les vins de la région : les rouges du Beaujolais, fruités et souples, pour les charcuteries et les bouchons, et ceux des Côtes du Rhône pour les plats mijotés plus riches.

Sources et pour aller plus loin

À lire aussi